En décembre
dernier, à l'occasion du centenaire de la naissance d'Hergé, le scénariste espagnol de bande dessinée et
professeur de littérature Antonio Altarriba publiait aux Ediciones de
Ponent, une parodie de Tintin, mi-BD, mi-essai, au titre un brin provocateur, intitulée "Tintin et le lotus rose".
L'album présente un Tintin trentenaire à la vie dissolue, amant insatiable et paparazzi à ces heures. Ses compagnons d'aventures ont eux aussi évolués : le capitaine Haddock a complètement sombré dans l'alcoolisme, le professeur Tournesol a été interné avec une camisole de force dans un hôpital psychiatrique et Milou a fini par mourir et est enterré on ne sait où.
Après neuf mois d'une bataille juridique, les éditions Moulinsart, qui accusent Antonio Altarriba d'avoir "perverti l'essence du personnage", ont obtenu le retrait de l'ouvrage et sa non-réimpression. Antonio Altarriba a déclaré pour sa part "Les héritiers imposent une lecture unique du récit. Leur censure est une atteinte à la créativité".
L'éditeur espagnol se frotte les mains. Depuis cette polémique, les volumes se vendent comme des petits pains et l'ouvrage est aujourd'hui un collector.